Les phobies

Peur du noir, des hauteurs, des serpents, des foules, des grands espaces, de l’altitude, nous avons tous peur de certains dangers, qu’ils soient réels ou imaginaires. La peur en soi n’a rien d’anormal. Au contraire. Tel un système d’alarme, l’anxiété – qui est en fait l’anticipation d’un danger – est un système naturel d’autodéfense. C’est la peur qui nous empêche de frôler de trop près un précipice ou de toucher le feu. De fait, la peur est un réflexe inné qui prend racine dans nos origines préhistoriques.

L’animal qu’est l’humain a appris à craindre les serpents venimeux, les animaux sauvages, les prédateurs et tout ce qui menaçait sa vie ou sa sécurité. Aujourd’hui encore, les peurs liées à la sécurité physique sont les plus répandues et souvent les plus tenaces.

Cela dit, nous n’avons pas tous peur des mêmes choses. Outre notre mémoire ancestrale, notre tempérament, notre éducation et nos expériences conditionnent également nos peurs. Voilà pourquoi certains ont peur des chiens, des araignées ou de l’altitude, et d’autres, des ascenseurs ou des chats.
Peur ou phobie?
Si vous craignez d’aller chez le dentiste, êtes nerveuse et tendue une fois assise sur la chaise, mais que cela ne vous a ni empêché de dormir ni d’aller à votre rendez-vous, vous avez tout simplement peur. Mais si votre peur est une cause d’insomnie, de malaises et de pensées un peu obsédantes jusqu’au moment du rendez-vous, au cours duquel vous restez très anxieuse, on parle plutôt de phobie.

Dans ce scénario, la peur extrême provoque une véritable souffrance morale et parfois physique, car la phobie peut entraîner des symptômes physiques (tremblements, vertiges, nausées, maux de tête, insomnie, etc.) Et si votre peur est telle que vous évitez carrément d’aller chez le dentiste, même si vous en avez besoin, vous souffrez alors d’une phobie fonctionnelle. Les personnes aux prises avec ce type de phobie évitent systématiquement les situations, les objets et les endroits dont elles ont peur. Elles abandonnent des activités, renoncent à d’autres pour éviter d’éprouver cette peur paralysante. Hélas, éviter une situation ne fait qu’accroître l’intensité de la phobie. Un cercle vicieux qui peut nuire aux activités professionnelles, sociales ou familiales.

Un trouble anxieux
La phobie est une peur d’une très grande intensité et souvent irrationnelle. Mais la différence entre la peur et la phobie ne réside pas uniquement dans l’intensité. Les phobies sont classées parmi les troubles anxieux cliniquement répertoriés. L’anxiété est la peur qu’un mal survienne. Une réaction normale aux dangers. Le trouble anxieux, lui, dans la plupart des cas, est lié à un « dérèglement » de l’anxiété, de son intensité et de ses manifestations. 

Les phobies spécifiques
Lorsqu’on parle de phobies des chiens, des aiguilles, des serpents, des orages…, on parle de phobies spécifique. Les spécialistes les distinguent de l’agoraphobie avec ou sans trouble panique (plutôt liée à l’éloignement d’une personne ou d’un lieu sécurisant).

Les phobies spécifiques peuvent provenir de trois types de menaces, réelles ou imaginaires.

Les menaces physiques : peur d’étouffer, de souffrir, de développer une maladie comme un cancer, de mourir, etc.

Les menaces psychiques : peur de perdre la raison, le contrôle de ses réactions ou de ses actions, d’être enfermé dans un institut ou de commettre un acte irrémédiable.

Les menaces liées à l’image : peur d’être jugé, du ridicule, d’être rejeté, etc. La phobie sociale liée aux nouvelles rencontres, aux situations de groupes, en est un bon exemple.

Une phobie spécifique peut être liée à l’une ou l’autre de ces menaces. Par exemple, la phobie de l’avion peut provenir de la peur de s’écraser ou d’étouffer, voire de faire une crise incontrôlable ou encore d’être malade et ridicule devant les autres passagers.

Cinq types de phobies :

phobies liées à des animaux ou des insectes
phobies liées à l’environnement (orages, séismes, hauteurs, eau)
phobies liées au sang, aux injections ou aux accidents (procédures médicales en général)
phobies situationnelles (transports publics, tunnels, ponts, voyages aériens, ascenseurs, conduite automobile, endroits clos). Ce type de phobies spécifiques est souvent associé à l’agoraphobie.
phobies diverses : liées à d’autres catégories d’objets ou de situations.

Les phobies les plus fréquentes :  Celles liées aux animaux, aux araignées, aux serpents, aux injections, au dentiste, aux prises de sang, aux orages, à l’avion, aux tunnels, au train, aux autres insectes et à l’altitude.

Traiter ou ne pas traiter la phobie?
La phobie se développe souvent pendant l’enfance et l’adolescence. Elle disparaît parfois à l’âge adulte, mais en général, elle perdure. « Des recherches scientifiques ont démontré que sans traitement approprié, à peine 20 % des cas de phobie chez l’adulte se résorbent.

 Pour les  autres ?  Faut-il apprendre à composer avec cette peur envahissante ou bien vaut-il mieux consulter?

Tour dépend de votre niveau de souffrance. Si vous devez régulièrement affronter votre phobie et éprouvez des symptômes pénibles chaque fois ou si elle vous empêche de fonctionner, nuit à votre épanouissement, à votre santé ou à votre vie de famille, cela vaut la peine de consulter. D’autant plus que les traitements fonctionnent bien dans la très grande majorité des cas. 

Les traitements les plus répandus et les plus efficaces pour les phobies spécifiques sont les thérapies cognitives/comportementales. «Les techniques cognitives nous permettent de travailler sur le plan des croyances de la personne, de ses perceptions, etc. On complète avec l’approche comportementale, qui consiste en une désensibilisation graduelle. On peut commencer par regarder des images de l’objet, de la situation ou de l’animal, s’en approcher doucement et graduellement. En général, quelques séances suffisent. Dans certains cas, si la phobie est associée à d’autres problèmes ou très intense, il faut un peu plus de temps. 

 

 

Violences conjugales. Appelez le 3919

 

Violences conjugales

Il y a un sujet qui me tient à cœur c’est celui de la violence conjugale.
Un sujet plutôt féminin malheureusement même s’il existe aussi nombre d’hommes subissant ou ayant subit à un moment de leur vie des violences conjugales.

Une femme meurt tous les 3 jours et une femme sur 10 est victime de violence conjugale au quotidien. Pourtant encore aujourd’hui un nombre trop important de femmes n’ose pas partir du foyer. Pourquoi ces femmes ont-elles tant de a mal à fuir leur compagnon violent?
Il est difficile pour elle de se détacher d’une histoire d’amour qui avait si bien commencé et qui a connu tendresse et de complicité. Souvent les femmes battues se jugent responsables de ce qui deviendra le « nid » familial. Par conséquent, elles n’arrivent à rompre les liens et à s’enfuir. Elles ont également peur des représailles, peur qu’on leurs retire les enfants et parfois même des conséquences financières qui pèseront sur elles lorsqu’elles seront seules.
Ces femmes sont en fait victime de manipulateurs. Ils sont souvent immatures, à tendance paranoïaque et intolérants à la frustration. La violence représente pour eux un véritable moyen d’expression. Ils ne savent pas régler leurs conflits autrement.

Le plus difficile, c’est qu’entre chaque crise, l’homme violent sait se montrer agréable et les victimes reprennent espoir. Elles tombent souvent dans le piège du manipulateur et sont alors persuadées que leurs conjoints changeront. Lorsqu’il y a rechute et donc violence, la femme parle à nouveau de séparation et c’est à cet instant que le manipulateur multiplie les chantages affectifs (menace de suicide, menace de représailles,…). Le résultat ne se fait pas attendre car la victime n’ose plus faire le pas vers la séparation et n’envisage plus parler de séparation.
La décision de partir est d’autant plus compliquée que l’entourage ne s’aperçoit pas toujours des maltraitances subies. L’agresseur a un double visage. En société, il peut se montrer agréable ce qui trompe l’entourage sur sa vraie personnalité. Mais à l’intérieur du couple, il est l’autre visage. Il joue constamment sur la peur. Il a beaucoup d’emprise sur sa victime ce qui la paralyse et l’empêche de se défendre. La victime accepte de plus en plus de violence qu’elle soit morale ou physique. Au début de leur histoire, rien ne semble présager d’une quelconque violence. Ensuite, des remarques insidieuses se font de plus en plus présentes. Arrive ainsi une période de violence morale avec des injures, humiliations, reproches culpabilisants… Cette violence est insidieuse et permet à l’agresseur de casser toute confiance en l’autre et donc d’avoir une emprise totale sur l’autre. Pour ce qui est de la violence physique, elle peut également arriver après toute ces phases. Cependant elle peut aussi coexister lors des phases précédentes mais dans tous les cas, elle ne va qu’en s’amplifiant.
Le déclic vers la décision d’une séparation survient généralement après un épisode d’une violence insoutenables et le plus souvent, seules ces situations extrêmes font tomber les oeillères. Elles peuvent agir comme une décharge émotionnelle débouchant sur une rupture définitive avec le conjoint.


La violence est la loi de la brute. R. Rolland

Dire « non », ça s’apprend !

Dire non

Dire « non », ça s’apprend.
Parce que cette petite faiblesse n’est pas insurmontable, voici quelques conseils pour vous aider à vous affirmer petit à petit.

1- Écoutez-vous
Si vous avez l’impression de vous sacrifier pour quelque chose ou quelqu’un, d’aller contre votre volonté, vous avez le devoir envers vous-mêmes de refuser.

Apprenez quelles sont vos priorités et vos limites, et tenez-en compte avant d’accepter de rendre un service.

Soyez donc attentifs à ces sentiments qui nous envahissent, ils vous permettront de prendre la bonne décision.

2- Prenez votre temps
N’hésitez pas à prendre le temps de la réflexion.

Ne vous précipitez pas pour répondre à une demande.

Vous avez le droit de dire à votre interlocuteur que vous souhaitez d’abord réfléchir.

Ne répondez pas sous la pression.
3- Cessez de vous justifier
Vous ne voulez pas nous rendre à ce diner qui vous barbe déjà d’avance ? Refusez poliment, mais inutile de vous justifier ! « Non, je ne peux pas » nous semble très suffisant.

Se justifier c’est « reconnaître » une forme de culpabilité alors que vous avez parfaitement le droit de dire « non ».

4- Prenez du recul
Ne culpabilisez pas !
Personne ne va vous juger si vous dites « non » !

Soyez certains que les personnes qui ne savent pas dire non ne sont pas mieux perçues que les autres, bien au contraire..

5- Usez de politesse et de tact
Dire « non », c’est bien, à condition d’y mettre le ton et la forme. Un non sec, brutal, agressif ou agacé sera forcément mal pris.

Exprimez vous avec empathie et diplomatie.

6- Tenez bon
Certaines personnes, n’ont pas l’habitude qu’on leur refuse quoique soit. D’autres ne sont pas habituées à nous entendre prononcer ce « non ».

Ne vous laissez pas déstabiliser et influencer par leurs arguments. Soyez fermes et répétez votre refus autant de fois que cela s’avèrera nécessaire.

Osez ici et maintenant ! Atelier

Osez

Notre attitude détermine notre altitude.
Chaque jour, j’ai le choix :
De quelles couleurs vais-je colorer ma journée ?
Vous êtes à la croisée des chemins ?
Vous souhaitez accroître votre estime de vous ?
Vous souffrez de procrastination ?
Vous désirez vous mettre en mode : ‘’Je prends soin de moi. ‘’ ?
Vous êtes pris(e) dans vos polarités ?
Vos saboteurs vous envahissent ?
Vous vivez un moment difficile, vous avez besoin d’aide?
Il est temps que votre corps, votre cœur et votre esprit dansent ensemble bien connectés ?
Certain(e) d’entre vous portent des séquelles de violences en elles inimaginables.
Il est temps de se prendre en main et de changer les paradigmes pour emprunter les chemins d’une vie plus riche de sens. Apprendre à s’accueillir et à prendre soin comme dans « prendre soin de soi». Pourtant…
« Oh qu’il est difficile d’aimer qu’il est difficile… »
C’est difficile pour beaucoup d’entre nous d’entreprendre le chemin vers l’amour de soi. Nous sommes pourtant la personne la plus importante dans nos vies.

Prenez rendez-vous avec vous.
Que de joies, d’actions, d’attitudes positives, d’enthousiasme, de fluidité, d’imagination, de confiance, de créativité, de cohérence, de haut taux vibratoire, de dynamisme, de bienveillance, de sincérité, d’humilité, de prétentions, de sagesse, d’allégresse, de fluidité et d’amour !
Que d’apprentissages ! Apprendre à demander. À recevoir. À donner. Mouvement naturel et infini, source de toute vie qui nous emporte vers nos océans et nos continents profonds à la quête de la rencontre intime avec l’autre… pays à découvrir !
Prêt (e) pour du changement ? Besoin d’un coup de main ? Déterminé(e) à créer le mouvement ?
L’expérience de cette journée vous permettra de reconnecter avec votre vraie nature et votre authentique zone de confort.
J’ai créé cet atelier qui se déroulera dans la légèreté et le plaisir. Vous repartirez outillé(e) pour approfondir et poursuivre les enseignements une fois rendu chez-vous.
Osez « ici et maintenant » !
• Reprendre contact avec le moment présent
• Observer ce qui vous habite
• Reconnaître vos qualités et vos ressources
• Devenir le leader de votre équipe intérieure
• Nommer les valeurs qui vous habitent
• Accueillir votre unicité, célébrer votre identité
• Identifier votre mission
• Mettre en lumière les richesses et les apprentissages des blessures du passé
• Passer à l’action avec des stratégies quotidiennes alignées sur vos objectifs de vie personnelle, professionnelle.
• S’initier à la méditation pleine conscience et la cohérence cardiaque pour cultiver la présence attentive
• Apprendre à s’aimer

Durant cette journée, je partagerai mes connaissances et mes enseignements dans une ambiance conviviale, sereine et paisible.
Osez vivre un moment passionnant, régénérateur et apaisant ! Osez-vous choisir !
Ré-apprendre à s’aimer… Mission possible !

Et si on parlait des différentes formes de violences ?

Violence

La violence verbale
La violence la plus oubliée

La violence verbale est utilisée pour intimider, pour humilier ou pour contrôler une autre personne. Elle peut être employée de façon subtile ou au contraire, être très directe.
Voici quelques exemples :

Insulter en utilisant un langage grossier et injuriant ;
Crier et élever la voix ;
Blâmer et reprocher les faits et gestes d’une personne ;
Critiquer et user de railleries ou de propos humiliants ;
Menacer de façon directe ou indirecte.

La violence psychologique
La violence la plus sournoise

La violence psychologique se situe principalement au niveau des attitudes et des comportements d’une personne. Elle vise l’intégrité psychologique de l’être humain, c’est-à-dire à dénigrer la personne dans sa valeur en tant qu’individu.
Comme la violence verbale, elle peut être employée de façon subtile ou plus manifeste.

Voici quelques exemples :

Créer un isolement social et/ou affectif autour d’une personne en dénigrant sa famille et ses proches ;
Contrôler les allées et venues d’une personne ;
Utiliser différentes formes de menaces implicites ou explicites: enlever ou tuer les enfants, se suicider, briser des objets chers, faire de fausses accusations, etc. ;
User de cruauté mentale : bouderie, indifférence, silence, exigence excessive par rapport aux tâches, prendre des décisions pour l’autre, etc. ;
Faire croire à une personne qu’elle est stupide, bonne à rien, etc…

La violence économique
La violence la plus méconnue

La violence économique se manifeste par des comportements et des actions qui empêchent une personne d’accéder à sa liberté économique. Encore une fois, cette forme de violence peut être utilisée de façon implicite ou explicite.

Voici quelques exemples :

Interdire ou fortement déconseiller à sa conjointe de travailler à l’extérieur du foyer ;
Contrôler le budget de sa partenaire et/ou saisir en tout ou en partie les revenus ou les papiers importants (passeport, carte d’identité, etc.) de sa conjointe ;
Ne pas partager avec justesse le budget familial et/ou refuser de dépenser de l’argent lors d’occasions spéciales ;
Contrôler les dépenses pour les besoins essentiels : vêtements, nourriture, frais nécessaires pour le bien-être des enfants, etc

La violence sexuelle
La violence la plus redoutée et la moins dénoncée

La violence sexuelle se traduit par toutes formes de gestes à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un individu sans le consentement de la personne visée ou dans certains cas, notamment celui des enfants, par une manipulation affective ou par chantage.
Il s’agit d’un acte visant à assujettir une autre personne à ses propres désirs, soit par un abus de pouvoir, soit par l’utilisation de la force ou de la contrainte, soit sous la menace implicite ou explicite.

Voici quelques exemples :

Agresser sexuellement une personne ou la forcer à avoir des relations sexuelles ;
Harceler sexuellement une personne (au travail, à l’école, dans la rue, etc.) ;
Faire des attouchements sexuels contre le gré d’une personne ;
Faire des appels obscènes ;
Avoir des relations sexuelles (ou des attouchements sexuels) avec un enfant (pédophilie) et/ou avec une personne mineure ou majeure de sa famille (inceste) ;
Exploiter sexuellement une personne à des fins pornographiques ;
Contraindre une personne à des pratiques sexuelles non-désirées (échangisme, relation anale, orale, fétichisme, utilisation d’objets sexuels, etc.) ;
Dénigrer sexuellement une personne.

La violence physique
La violence la plus connue

La violence physique se caractérise par l’emploi de gestes violents envers une autre personne. Lorsque la violence physique est utilisée, il y a de fortes chances que d’autres formes de violence soient présentes dans la relation, notamment la violence verbale, psychologique et sexuelle.

Voici quelques exemples :

Gifler, pincer et secouer ;
Serrer le bras ;
Mordre, pousser et empoigner ;
Donner des coups de pied, frapper ;
Séquestrer (enfermer) ;
Menacer avec une arme ;
Faire une tentative de meurtre ;
Lancer des objets.

Le sentiment d’abandon

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Je suis incapable de rester seul(e)…
Je deviens très angoissé(e) avec un terrible sentiment d’abandon.

L’idée qu’il/elle puisse me quitte m’est insupportable. J’ai peur d’être abandonné(e).

Je ne peux pas m’attacher dans une relation amoureuse. J’ai trop peur de l’abandon.

C’est quoi au juste le sentiment d’abandon ?

Le sentiment d’abandon n’est pas une émotion mais un vécu complexe lié à l’expérience d’avoir été abandonné. C’est une impression très profonde porteuse d’une immense tristesse. Très souvent, la tristesse n’est pas ressentie directement. La peur du gouffre qu’elle suscite ou encore la hantise de la dépression font en sorte que celui ou celle qui a cette expérience ancrée en lui fuit la tristesse.
C’est ce qui explique la grande angoisse associée souvent au sentiment d’abandon.

L’angoisse n’est pas toujours présente. Elle est cependant stimulée dans certaines situations comme des moments de solitude, un rejet par un être aimé, des images qui ressurgissent..

Il n’est pas toujours possible de déterminer si un abandon a réellement eu lieu dans l’enfance. Mais il demeure certain que subjectivement, c’est l’effet que certains événements ont eu sur nous. Les comportements qui ont été perçus comme un abandon se sont produits à une période où nous étions particulièrement vulnérables à ces messages affectifs. De plus, ils provenaient de personnes dont nous étions dépendants au plan affectif.

Par exemple, l’attitude des adultes, responsables de prendre soin de nous durant l’enfance, a été si détachée, absente ou empreinte de rejet qu’elle nous plongeait dans une solitude sans issue. La coupure, par la mort et les séparations, le délaissement en bas âge ont pu aussi engendrer un traumatisme de cette nature.
Le sentiment d’abandon est ancré profondément dans l’être, souvent parce que l’expérience d’avoir été abandonné, négligé ou rejeté a été vécue à un moment crucial du développement. Il peut aussi être fortement imprégné en nous parce que ces expériences se sont répétées sur une longue période.

L’expérience d’abandon nous laisse avec une grande insécurité quant à notre valeur comme personne. Plus ou moins consciemment, nous craignons que ce rejet se répète dans nos relations importantes actuelles. Certains se protègent de cette expérience douloureuse éventuelle en évitant de se lier vraiment. D’autres s’accrochent, en quelque sorte, en ayant sans cesse la peur d’être laissés s’ils osent un tant soit peu être eux-mêmes. D’autres enfin, contre toute logique, font en sorte de provoquer cet abandon tant redouté. Bien que misérables, il leur semble impossible de faire autrement dans une relation qui a de l’importance.

Le sentiment d’abandon est lié intimement au besoin d’être aimé et considéré, c’est-à-dire, de recevoir une confirmation de notre valeur comme personne. Nous attendons cette confirmation des êtres qui comptent le plus pour nous.
Au départ, il s’agit de nos parents, mais plus tard, nous le vivons avec les personnes sur qui nous transférons nos parents, c’est-à-dire d’autres personnes qui prennent à nos yeux une valeur parentale symbolique. Il s’agit d’un besoin fondamental qui joue un rôle important sur la solidification de notre identité personnelle.

À cause de cela, le sentiment d’abandon est associée à une grande vulnérabilité, celle qui est liée au besoin fondamental en cause dans cette expérience. La sensibilité à cette vulnérabilité de même que la capacité de nous y donner accès sont des facteurs incontournables dans la résolution de cette problématique.

Le sentiment d’abandon ou la peur d’être abandonné par un être cher nous rappelle donc que ce conflit intérieur n’est pas résolu. À chaque fois qu’il survient, il devient une occasion de nous laisser aller aux émotions qu’il contient, particulièrement à la tristesse ainsi qu’à la peur de cette tristesse ou de la dépression. .

Pour moi, le sentiment d’abandon est un indicateur de la fragilité de notre valeur personnelle. Il est important de la prendre en considération pour travailler efficacement à notre évolution de ce point de vue.

Ces sentiments qu’ils nous arrivent de prendre pour des preuves d’amour…

Ces sentiments qu'ils nous arrivent de prendre pour des preuves d'amour...

 

« Ne me quitte pas… Laisse-moi devenir l’ombre de ta main, l’ombre de ton chien… », chantait Jacques Brel, faisant l’éloge de la dépendance affective.

Être dépendant, c’est être prêt à tout pour ne pas se retrouver confronté à l’insupportable vide de soi qui survient quand l’autre s’éloigne. Tel l’enfant qui ne se sent vivant et en sécurité que lorsqu’il est relié à sa mère.
La dépendance amoureuse parle d’amour, mais d’amour déçu, blessé, floué. Comme si, au tout début de sa vie, l’enfant avait été trompé sur la marchandise « amour » (sa mère était-elle vraiment présente dans ce corps à corps, vraiment aimante ?) et qu’il s’en était, plus tard, en partie rendu compte. Ayant été mal nourri affectivement, il ne peut se suffire à lui-même.
C’est pourquoi la dépendance amoureuse traduit, à l’âge adulte, le désir de réparer la blessure profonde occasionnée par cette toute première fusion « ratée ». Mais cette réparation est vouée à l’échec, car la fusion totale et permanente avec l’autre est impossible.

L’amour trop intense, c’est une relation amoureuse qui se vit exclusivement sur un tempo appassionato, « passionné ». C’est sans doute ce qui fait dire : « C’est le grand amour, le vrai », tant les sensations et émotions qu’il provoque sont bouleversantes. La temporalité s’en trouve modifiée, il y a désormais le temps d’avant la rencontre, un passé vide de vrai sens, et le présent, haletant, qui dévore tout sur son passage. Parce qu’il est animé par le besoin et non par le désir, qui se nourrit d’attente et de manque, cet amour se consume aussitôt après avoir été consommé.
Ce mode d’amour, dans lequel les mots sont souvent source de conflits, est celui des adolescents et de tous ceux qui redoutent la mise à nu de soi qu’implique une vraie intimité avec l’autre. Le fracas de la passion recouvre tous les autres sons. En soi et autour de soi. C’est ainsi que, un temps au moins, elle peut masquer le vide, l’impasse ou les malentendus d’une relation.

Autre cas, le désir de possession. C’est l’une des composantes de l’amour, mais lorsqu’il est central et permanent, ce n’est plus d’amour qu’il est question, mais de peur. Posséder, c’est ne pouvoir aimer qu’à portée de main et de regard. Sans l’impression de contrôler le périmètre vital de l’autre, la peur panique, irrépressible, jaillit des profondeurs du psychisme. « Parce que cet autre me constitue, je ne peux le laisser s’éloigner. » Le possessif, à la différence du dépendant, ne recherche pas la fusion : il ne peut pas fusionner avec quelqu’un qu’il considère comme faisant partie de lui, tel un membre ou un organe. La possessivité, plus archaïque que le sentiment de jalousie, vient toucher aux limites du corps, à ses représentations psychiques.
Ainsi, quand le possessif perd le contrôle de l’autre, il se sent menacé dans sa vie même, comme si son partenaire le laissait exsangue, vidé de sa substance vitale.

L’amour jalousie lui, est insupportable, le regard de l’autre qui s’attarde sur un ou une autre que nous. Plus la morsure de la jalousie est douloureuse, plus l’amour semble profond. Mais si la jalousie est indissociable du sentiment amoureux, elle est loin d’en être le critère majeur. Dans l’amour vrai, deux parties se jouent simultanément : entre sujets, « j’aime », et entre objets, « je suis aimé ». Or dans la jalousie, seule la dimension « objet d’amour » est active. Parce que le jaloux se vit principalement comme objet d’amour de l’autre, il ne supporte pas que son regard se détourne de lui. Il croit aimer, car il souffre à la pensée de ne plus l’être.
Mais qu’en est-il de son amour à lui ? Telle est la question que la jalousie élude. En réalité, la jalousie excessive ignore l’autre tout en s’en nourrissant. Elle ne parle que de soi, de ces blessures narcissiques, de cette difficulté à se constituer comme un être autonome, comme un sujet. Dans cette relation, l’autre n’est aimé que parce qu’il donne au jaloux une consistance d’être qui lui fait défaut. La jalousie vient également soutenir ou renforcer le désir érotique en introduisant dans la relation, même en fantasme, un tiers rival.

Nos Peurs…

Nos peurs

Nos peurs sont la cause de presque tous nos problèmes, de presque toutes nos tensions, de presque tous nos échecs.

Les peurs sont très variées.
Peur physique de la violence, peur de ne pas être aimé, peur du vide, peur de la nuit, peur de perdre sa liberté, peur de vieillir, peur de ne pas être respecté, considéré, peur du ridicule, peur du pouvoir de l’autre, peur de l’ignorance, de ne pas pouvoir s’exprimer, peur de l’insécurité matérielle, du manque, peur de la solitude, peur d’aimer, de s’abandonner, de perdre sa personnalité, peur des idées, peur de la foule, peur de la différence avec l’autre, peur du nouveau, et par-dessus tout peur de l’inconnu, de l’irrationnel, enfin peur de la mort.

Mais même si la peur a des raisons d’être, même si la peur peut nous sauvegarder d’un danger réel et nous empêcher de mourir ou de souffrir, plus souvent encore, elle nous empêche de vivre.

Elle nous inhibe, nous coince dans l’immobilisme, nous empêche de nous exprimer, de réaliser nos rêves, de faire ce dont nous avons envie, elle nous empêche d’aimer, d’être heureux, d’être libre. Elle est la pire des prisons intérieures et, ironie du sort, elle réalise fréquemment le danger, au départ illusoire, qui la motivait.

Finalement la peur est un animal tentaculaire qui s’infiltre en nous, nous remplissant de honte par-dessus le marché et créant, par réaction, la plus stupéfiante de toutes les peurs : celle d’avoir peur, qui nous amène fréquemment à des comportements réactifs excessifs.

Comment dois je réagir ?

La première chose à faire est de cesser de la nourrir avec des tas de justifications dont notre esprit a besoin pour la supporter et l’intégrer au quotidien. Ainsi, peu à peu affamée, va-t-elle commencer à apparaître telle qu’elle est : une énorme figure d’épouvante… en papier mâché, sans la moindre consistance.

La seconde chose à faire est d’organiser, dans le registre où elle sévit, des petits challenges, augmentant très progressivement leur ampleur, et de ne pas manquer de se réjouir des succès obtenus allant jusqu’à les consigner par écrit. Vous pouvez aussi vous créer un petit geste personnel qui symbolise chaque succès créé par ces challenges.

La troisième étape consiste à travailler sur la conscience du corps et sur la respiration, une respiration spéciale qui dissipe les peurs car le corps est le fidèle gardien physique de la mémoire des peurs.

Il est essentiel, en quatrième lieu de travailler sur son ego (l’image et l’idée de soi) et sur le véritable sens de la mort, ce sont aussi des moyens puissants d’anéantir les peurs.

Ces peurs jouent un rôle d’une grande importance dans nos relations humaines, familiales et professionnelles. Si vous n’avez plus peur des gens qui sont autour de vous, au travail par exemple, alors, à coté de leurs erreurs et défauts, vous pourrez commencer à voir aussi leurs succès et qualités, si modestes soient-ils à nos yeux, car la peur focalise notre attention exclusivement sur ce qui est négatif chez les autres et ainsi, ne considérant plus personne comme votre ennemi, vous aurez en retour, des comportements calmes et relâchés qui favoriseront entre vous et les autres une écoute véritable et la possibilité de coopérer enfin.

Ainsi, sans même avoir agi délibérément sur eux, les aurez-vous aidé à s’améliorer comme ils vous aideront en retour, par leur nouvelle attitude, à vous améliorer vous-même.

Espace MG

J’ai le plaisir de vous faire découvrir notre tout nouveau site professionnel dédié au mieux-être à Lyon.
Ce site est complémentaire du site Autrement Dit https://www.schafter-lyon.fr/
Nous l’avons mis en ligne et des nouvelles informations suivront (actualités, ateliers, confèrences…).
Espace de santé, de partage, d’échange, et d’accompagnement de l’être.
Des pratiques et techniques naturelles de santé, en séances individuelles ou en groupes, réalisées par une équipe de professionnels complémentaires et pluridisciplinaires.
Beaucoup de ces pratiques sont issues des grandes médecines traditionnelles, qui abordent l’Être humain dans sa globalité et l’aident à découvrir et développer ses ressources.
http://www.espace-mg.com

Le deuil

Le deuil

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de ma maman qui a disparu il y a 5 ans…

Le deuil, à la suite de la mort d’une personne aimée ou d’une séparation, est une des plus grandes épreuves de la vie qui, un jour ou l’autre, atteint chacun de nous.
Dans la majorité des cas, aussi pénible soit-il, le deuil suit normalement son cours et arrive a son terme.
Pour 5 % d’entre nous, le deuil va provoquer des complications au niveau de la santé physique, mentale, de l’équilibre psychologique et des relations sociales.
Le deuil est l’ensemble des réactions physiques, psychologiques, affectives et comportementales à la perte d’une personne aimée, mais aussi d’un animal, d’un objet ou d’une valeur auxquels on est fortement attaché.
Il est justement déterminé par la nécessité de modifier cet attachement du fait de la disparition.
A présent, le deuil désigne de plus en plus la réaction psychologique, subjective, personnelle ou familiale, à la seule perte de quelqu’un ou de quelque chose d’important et l’expression  » faire son deuil « , dans le sens de devoir accepter une perte, est employée à tort et à travers si bien que le Deuil a tendance actuellement à s’éloigner de la mort dont il partage aussi le rejet social.
Mais la mort restera toujours au coeur du deuil en raison de son universalité, de son implacabilité, de sa radicalité et de son irréversibilité.

Les principaux symptômes qui accompagnent ces périodes de deuil sont des sensations d’une grande souffrance, d’une véritable douleur morale, d’un profond désespoir, d’anxiété, de dépression et de manifestations fonctionnelles variées, le deuil est un facteur de déséquilibre, un ou des traumatismes aux effets prolongés.
Sentiment de dévalorisation, culpabilité excessive ou inappropriée. Elle constitue la perte et la limite par excellence et la mort de la personne aimée nous préfigure la nôtre…

La solution je l’ai trouvé en me formant aux Thérapies Brèves.
Les Thérapies Brèves permettent d’identifier la cause, la source des symptômes pour les éliminer.
La méthode la plus rapide et précise est par l’hypnose.
Les différentes techniques; de visualisation, de relaxation, de respiration et détente, d’hypnotisme, le subliminal, et de suggestions post-hypnotiques.
Il n’y a rien d’artificiel ou de supernaturel. Chacun possède une capacité naturelle de réponse à l’hypnose.
Malgré son nom issu du Grec «Hypno» (qui signifie sommeil) et contrairement à ce que pense la majorité, l’état hypnotique n’a rien à voir avec le sommeil ordinaire, il s’agit plutôt d’un outil à qui permet à l’individu d’atteindre l’état ALPHA à différents niveaux de profondeur.
En état ALPHA l’inconscient de l’individu est plus réceptif ou actif ce qui facilite à éliminer les troubles émotifs du passé. En fait, ce qui se produit c’est que la personne demeure toujours consciente de ce qui se passe, même au cours de la séance la plus profonde. L’hynose est un outil extrèmement puissant pour régler diverses pathologies et symptômes du deuil.

Dépression

Dépression

La dépression fait partie des troubles de l’humeur.
Elle affecte les pensées, les émotions, le comportement et les fonctions biologiques d’une personne.

La dépression devient une maladie lorsque les sentiments de tristesse, d’être inutile, de vide sont graves, durent plusieurs jours et nuisent à la vie de l’individu.

Il est maintenant prouvé que les dépressions majeures, qui persistent parfois durant toute une vie, peuvent débuter au cours de la jeunesse.

L’adolescence est une période parfois difficile. Certains jeunes se sentent moins bien dans leur peau, n’éprouvent plus de plaisir, ont des difficultés d’interaction sociale ou connaissent des échecs à l’école ou au travail.

Ils peuvent devenir dépressifs et parfois, ils tentent même de mettre fin à leurs jours, un geste dévastateur pour leur famille et leur entourage. Comprendre les facteurs en jeu et leurs interactions est crucial si nous voulons assurer l’avenir brillant que chaque jeune mérite.

Les symptômes les plus communs chez les jeunes comprennent :

un sentiment de tristesse
un manque d’intérêt pour les activités quotidiennes
une perte d’appétit
des problèmes de sommeil tels que des cauchemars
de la difficulté à se concentrer ou des problèmes de mémoire
un soudain retrait social ou des comportements agressifs subits
des tendances suicidaires.

Qui en est atteint ?
Les taux de dépression clinique sont peu élevés dans l’enfance et au début de l’adolescence, mais ils augmentent de façon importante à la fin de l’adolescence (environ 20 %).
Les filles sont plus nombreuses à souffrir de dépression que les garçons.
Au cours des cinquante dernières années, le suicide parmi les jeunes de 15 à 24 ans a augmenté substantiellement, particulièrement chez les jeunes hommes.

Les causes de dépression chez les jeunes

Des événements perturbants, des antécédents familiaux de dépression, un manque de soutien familial, une discipline stricte et une attitude négative par rapport à soi-même, au monde et à l’avenir, peuvent tous contribuer à la dépression.

Les facteurs de contribution au risque suicidaire chez les adolescents incluent : la dépression et les autres maladies mentales, l’abus d’alcool et de drogues, les conflits interpersonnels et familiaux…

Des dysfonctions dans les systèmes de communication du cerveau, particulièrement ceux qui touchent à la sérotonine, peuvent contribuer à la fois à la dépression et au suicide chez les jeunes.

Que faire ? Quels traitements ?

Certains facteurs peuvent protéger contre la dépression et le suicide chez les jeunes :

l’adaptation personnelle
la tolérance à la frustration
la maîtrise de soi
la capacité de faire face aux situations
des attentes positives pour l’avenir
le sens de l’humour
des relations familiales saines et positives

L’éducation et l’information sont importantes pour traiter la dépression.

Des thérapies peuvent aider dans le traitement des jeunes dépressifs et/ou suicidaires :
Les thérapies comportementales cognitives visent à changer les pensées négatives à propos de soi et du monde en général.
Les thérapies interpersonnelles traitent des problématiques communes telles que l’indépendance, le détachement des parents, la pression des pairs et les relations amicales.

D’autres thérapies peuvent viser l’amélioration des relations et de la confiance envers les autres, ou l’amélioration des habiletés sociales et des relations familiales.

Enfin, il existe des thérapies médicamenteuses qui peuvent également aider; elles visent à rétablir les échanges des neurotransmetteurs dans le cerveau qui, en phase dépressive, sont altérés.

Dans tous les cas, en cas d’urgence, emmenez votre enfant à l’hôpital le plus près de chez vous qui offre des services aux enfants.

Nos fragilités…

Nos fragilités

Jusqu’ici, tout allait bien.
Depuis neuf mois, nous vivions comme en apesanteur.
Choyé, aimé, nourri, flottant voluptueusement dans une poche tout confort. Cette improbable bulle commença soudain à nous enserrer de manière imprévisible et clairement désagréable.
Il nous fallut alors trouver une issue, traverser un canal inconnu, comprimé comme une éponge. Et naître sous d’autres latitudes, selon d’autres règles.

Ce paradis perdu, où tous nos besoins étaient satisfaits sans le moindre effort, est à la source de notre première fragilité. Et pour cause : nous naissons totalement dépendants et inachevés.
L’homme n’est pas le seul mammifère à avoir besoin de parents pour survivre, mais le temps d’apprentissage chez lui est particulièrement long : environ six ans pour les acquisitions de base permettant la survie, plus une dizaine d’années pour les plus complexes.

Paradoxalement, nous vivons dans une société ultracompétitive, qui nous exhorte à être toujours plus forts, refoulant notre vulnérabilité, assimilée à de la faiblesse. Pourtant, au moment de la maladie, d’une séparation ou d’un orage, celle-ci nous apparaît évidente.
Et si nous essayions aussi de la percevoir comme une ressource ?

Sans notre fragilité native, il n’y aurait pas de langage pour entrer en relation avec cet autre dont nous avons tellement besoin à l’aube de notre vie.
Pas de langage, donc pas de transmission de l’expérience, et pas de mémoire de l’humanité.
L’amour, l’amitié, l’empathie pointeraient aux abonnés absents. Sans la reconnaissance de notre fragilité, pas de questions ni de doutes non plus. Donc pas de science ni de philosophie. Pas de littérature, de poésie, de théâtre, de cinéma…

Notre identité même – ce fameux moi dont nous souhaiterions souvent qu’il soit homogène, solide, cohérent –, est faillible, ondoyante et diverse.
Une représentation monolithique de notre identité serait bien loin de notre réalité psychique.

Nous sommes fragiles parce que nous sommes faits de conflits intérieurs. Si cela rend parfois nos décisions difficiles, cela nous permet aussi de nous adapter, de comprendre des points de vue opposés, de bouger, changer, chercher, découvrir.

Si nous n’étions pas fragiles, nous ne nous comprendrions tout simplement pas. Accepter de l’être, c’est savoir que je ne me réduis pas à ce que je suis, mais que je peux penser autrement que je pense, ressentir autrement que je ressens.
En réalité, je suis où la pensée et le désir me viennent. Accepter cela, c’est accepter nos contradictions plutôt que les refouler.
Et apprécier la diversité des angles.

Nos fragilités, il est vrai, ne sont pas toujours douces à vivre. Loin de là. À défaut d’être canalisées, elles nous condamnent aux circonvolutions et aux mélancolies. Reconnues et utilisées, elles peuvent devenir une force. Associées à certaines activités, elles permettent en effet d’exprimer toute la sensibilité qu’elles supposent.
Chacun peut, à sa mesure, les transcender par une activité créatrice.
Prendre un stylo, un pinceau, une souris, un instrument, voire une feuille de papier pour en faire un masque africain, et voilà nos failles qui se cristallisent et nous renforcent.

De nos vulnérabilités naissent nos diversités, nos possibilités, nos forces. Chacun de nous, à son gré, peut ainsi se fixer ses propres règles pour vivre sereinement sa vie…
Se reconnaître fragile, en somme, et en éprouver du plaisir.
Identifier

Ces adultes qui ont survécu à un passé d’abus ou de négligence…


Plusieurs adultes qui viennent consulter ont des symptômes qui découlent du fait que leurs parents n’ont pas su répondre à leurs besoins de façon adéquate.
Ils ont survécu soit à la maltraitance active ; on parle d’abus sexuels, physiques, psychologiques, négligence chronique et sévère. Les abus physiques sont parfois très violents et ressemblent à de la torture systématique. La maltraitance psychologique, même si elle ne laisse pas de trace visible, est plus destructrice que la violence physique, d’ailleurs elle accompagne souvent la violence physique.
Elle se situe au cœur de la maltraitance, elle en constitue son élément le plus essentiel. Il peut aussi s’agir de maltraitance passive ; c’est-à-dire à la négligence où les parents n’ont pas été attentifs aux besoins de base ou de protection et d’amour.
Dans les deux cas, les besoins et émotions des enfants n’avaient pas d’importance et n’étaient pas considérés.
Une forme particulière de négligence est vécue également par les enfants « adultifiés », ceux-ci ont dû prendre en charge un parent malade ou un membre de la fratrie (maladie physique ou problématique de santé mentale par exemple).
Ils n’ont pas été considérés en tant que tels, mais pour leur utilité. Les besoins d’un ou des parents ont eu préséance sur leurs besoins d’enfant. Ils ont dû développer une maturité précoce, se construire eux – mêmes et forger leur identité en l’absence d’adultes pour les guider.
Le véritable traumatisme, sous-jacent à la maltraitance et à la négligence, c’est le fait d’avoir été abandonné(e), de ne pas avoir été protégé(e), de ne pas voir été important(e), de ne pas avoir compté(e).
Plusieurs personnes, qui ont survécu à la maltraitance, disent que la peur de l’abandon est plus souffrante que la douleur physique ou morale. Souvent, les troubles anxieux ou les réactions dépressives ont comme fondement la peur de l’abandon.
Les abus correspondent bien souvent à des évènements traumatiques qui se sont produits de façon répétée. Ils ont laissé des marques, car ils ont été perpétrés par les personnes les plus significatives dans la vie de l’enfant dans des étapes de grande vulnérabilité et de construction de soi. Ces évènements traumatiques répétés excédaient les capacités de l’enfant à protéger son bien-être psychique et son intégrité. Il en est de même pour la négligence, ce qui a pu avoir comme impact de compromettre le développement de l’enfant.
Certains de mes patients ont des souvenirs très vifs des agissements traumatiques de leurs parents. Pour d’autres, ce n’est qu’une fois parvenu à l’âge adulte, que les évènements, qui avaient été oubliés, leur reviennent à la mémoire. Ou encore, ces évènements prennent un nouveau sens et sont définis et revécus émotivement comme ayant été abusifs ou négligents. Mais certains des ces survivants de la maltraitance et de la négligence ne viennent pas consulter pour leur passé traumatique, car leur expérience de vie infantile faisait partie d’une réalité quotidienne familière et normale ; ils n’y trouvent rien de notable. De plus, plusieurs patients n’ont jamais perçu leur famille comme ayant eu une influence nocive sur eux. D’autres ont un grand besoin de préserver une image positive de leurs parents ; ils protègent ainsi leur propre image d’eux-mêmes et conséquemment leur identité. Ces personnes sont préoccupées par leur humeur anxieuse ou dépressive ou par les difficultés qu’ils vivent dans leurs relations de couple ; elles veulent améliorer la régulation de leurs émotions et leurs relations interpersonnelles.
Je réponds toujours aux besoins et préoccupations des mes patients tels qu’ils les expriment, sans tenter de les convaincre que la source de leurs difficultés réside dans leur passé traumatique. Je cherche à créer une relation de confiance et, au rythme des personnes, les aide à identifier et réguler leurs états émotifs.
Voici les impacts fréquents d’un passé d’abus ou de négligence :
Des difficultés dans la régulation des émotions;
L’évitement des émotions pénibles par la dissociation, la consommation ou la compulsion;
Une mauvaise estime de soi;
Des difficultés dans les relations interpersonnelles.
Ces symptômes de base sont très généraux, et ce ne sont pas toutes les personnes avec un passé d’abus ou de négligence qui ont tous les symptômes avec un degré égal de sévérité ; il y a de grandes différences dans la variété et la sévérité d’une personne à l’autre.
L’histoire d’abus ou de négligence crée des états persistants d’anxiété, ou de colère ou de dépression. Les personnes sont souvent habitées par des états chroniques de grande détresse émotionnelle ; les émotions sont vécues comme des vagues avec des pics d‘intensité. Souvent mes patients me disent : « J’ai des émotions très pénibles qui m’envahissent tout à coup, je ne sais pas d’où elles viennent, je ne sais pas pourquoi je les ai, et je ne sais pas comment m’en défaire ». Même s’ils vivent des périodes au cours desquelles les émotions sont atténuées, ils disent qu’elles sont toujours là, prêtes à ressurgir à tout moment.
Chez certaines personnes, il y a parfois un sentiment de « catastrophe appréhendée », leur stress et leur angoisse expriment la quantité d’énergie qu’ils doivent consacrer à éviter le danger imminent. Chaque expérience négative dans leur vie professionnelle ou personnelle vient confirmer leurs craintes chroniques.
La peur de l’abandon peut être une forme de catastrophe appréhendée vécue très intensément, cette terreur peut être pire qu’un danger externe comme une agression…
Lorsque l’expérience vécue par l’enfant était constituée d’agressions et de menaces, cela a créé un état constant d’adaptation vigilante et défensive. Les interactions familiales ont conditionné l’enfant à se focaliser sur les dangers et la survie au lieu de l’apprentissage, il a appris à éviter les dommages plutôt que de s’ouvrir à des expériences nouvelles. Devenus adultes, ils ont conservé cet état de vigilance, même s’ils n’en ont plus besoin ; ces réactions d’alerte surgissent sans raison apparente et plusieurs symptômes d’angoisse et de panique y sont reliés. Leurs réponses à la menace, rapides et automatiques, impliquent des portions primitives du cerveau, escamotant les parties impliquées dans des adaptations plus complexes ; ces réactions de survie sont pré – conscientes et s’effectuent en une fraction de seconde. Ces personnes se plaignent souvent que leurs émotions sont hors de leur contrôle.
Certains enfants ont réagi en apprenant à faire face au danger, mais ont appris en même temps à ne pas ressentir. Certains survivants de l’abus ont développé une sorte d’anesthésie affective, parfois vécue comme une absence d’empathie, par les proches. Ils ont par contre d’excellentes capacités de résolution des problèmes, sont très efficaces au travail ; leur enfance leur a appris qu’ils devaient se débrouiller seuls.
D’autres ont appris à ressentir, mais ne savent pas comment faire face aux difficultés. Ces personnes sont constamment habitées par la peur et l’insécurité, elles se sentent démunies, ce qui les met à risque de dépendance affective et d’exploitation, car elles recherchent des personnes qui vont les sécuriser.
Une autre émotion très importante, souvent négligée, est la honte, une honte paralysante, très souvent liée à la peur ; les personnes se méprisent elles – mêmes. C’est une émotion très forte, pas toujours exprimée spontanément ; elle est l’expression émotive de la mauvaise estime de soi (vous trouverez plusieurs articles à ce sujet sur ma page).
Ma priorité est d’aider à accroître, le plus rapidement possible, leurs capacités à identifier leurs fortes émotions puis à les moduler, plutôt que de chercher à les éviter. Il existe plusieurs techniques qui sont proposées pour aider à moduler et réguler leurs émotions.
Je suggère parfois des exercices à faire à la maison.
Pour favoriser l’expérience de ressentir et nommer l’émotion, je demande par exemple aux personnes d’écrire leurs émotions au lieu de les agir ou de les fuir. Par exemple, nous je demande de diminuer un comportement compulsif et d’écrire ce qui est ressenti. Le recours au journal des émotions ou la rédaction d’une lettre à un proche (parent abuseur, ex-conjoint, etc.), mais sans la leur envoyer, sont d’autres moyens.
Lorsque les émotions deviennent trop pénibles, les personnes vont chercher à les éviter de plusieurs façons. Je pense qu’essayer d’éviter les émotions produit l’effet contraire, parce que la suppression accroit les affects négatifs et augmente l’activation physiologique.
Supprimer ou éviter les pensées, sentiments ou comportements a pour effet que ce qui est supprimé devient intrusif et prend une valeur négative ; en somme, plus on essaie de fuir ou de supprimer les émotions, plus elles s’amplifient ; il faut donc les affronter.
C’est pourquoi je demande aux personnes en consultation, quand ils se sentent prêts, de se laisser envahir par l’état de panique, de détresse ou de honte. Le lien de confiance doit être solidement établi afin que les personnes se sentent suffisamment en sécurité pour accepter de faire ce qui est contre nature pour elles.
Parfois j’utilise la métaphore de se laisser flotter sur le dos dans un fort courant de rivière ; c’est épeurant, mais je suis sur la rive et je les accompagne. Provoquer de façon délibérée un accroissement de la détresse signifie que l’on est un peu plus en contrôle de ses émotions au lieu de les subir contre sa volonté.
Souvent j’utilise la technique de Désensibilisation des Chocs Émotionnels par les Mouvements Oculaires.
Si on peut accroître le malaise on peut aussi accroître délibérément le bien-être.
Ainsi je les aide à identifier les activités qui les font se sentir bien (marche, musique, activité physique) et les encourage à les pratiquer souvent afin de développer le réflexe de s’auto-réconforte.
Lorsque ils n’arrivent pas à identifier d’activités, j’utilise la technique de visualisation dirigée qui crée un monde de fantaisie pour provoquer le bien-être.
Ayant progressivement acquis la capacité à réguler leurs émotions et à créer par eux-mêmes des états de bien-être intérieur, les patients sont prêts à remplacer les émotions de peur, de colère ou de honte par la tristesse, qui, elle, est une émotion normale.