Retour d’arrêt maladie ? Que dois je faire ? Moi, employé(e) et moi dirigeant ?

23671067
23671067

Voilà qu’on est à peine remis de s’être arrêté de travailler, pour diverses raisons, qu’on doit faire face au retour. On passe de la peur de quitter son emploi, à la peur d’y revenir. La peur du regard de l’autre, la peur du regard de soi sur sa propre compétence. Et c’est encore plus difficile lorsque l’arrêt est dû à un problème de santé psychique.

Que vont penser mes collègues ? Comment mon boss va-t-il réagir ? Je ne me sens pas prêt(e), j’ai perdu de l’endurance. Et si je fais une rechute, moi qui vient à peine d’en sortir ? Toutes ces questions sont source d’angoisse. Et pourtant, on l’entend très souvent, «Le travail, c’est la santé!». Et s’il n’en était pas de même pour tout le monde ? Ou pour toutes les circonstances ?

Dans une société de performance comme la nôtre, l’arrêt de travail est souvent mal perçu et mal compris. La difficulté d’y retourner encore plus, preuve en est le trop peu de démarches mises en place pour un retour optimal. Pourtant, les problèmes de santé psychiques sont une des causes principales d’arrêt de travail, et présentent un risque élevé de rechutes. Il serait donc profitable, tant pour les employeurs que pour les employés de bénéficier d’un support particulier en lien avec la réinsertion suite à un arrêt.

Issue de l’entreprise, je pense que le retour au travail est rarement préparé, mais la préparation est pourtant une étape essentielle. Selon moi, il y a une distinction importante, qui est rarement prise en compte : l’état de santé et la capacité fonctionnelle. Dans le cas d’une dépression par exemple, il est possible que la personne soit rétablie. Elle n’a donc plus besoin du suivi d’un thérapeute.  Mais est-ce que cette personne est prête à retourner au travail, comme si de rien n’était?

Il est important de rappeler qu’un arrêt de maladie n’est pas une session de vacances. Et pourtant, souvent, on s’attend à ce que la personne revienne fraiche et disponible, efficace et performante, comme si elle avait déjà eu assez de temps pour se remettre.

Le retour au travail peut donc être source d’angoisse profonde pour certaines personnes, et il est important de ne pas affronter cette nouvelle réalité seul(e). Il y a des ressources, des professionnels dans le domaine, qui peuvent aider à jouir d’un retour favorable et valorisant. Car oui, le travail reste une sphère positive, dans laquelle on s’épanouit, on s’améliore, on se valorise, et on prend du plaisir. Et c’est également une sphère qui prend beaucoup de notre temps. C’est pourquoi il est important de pouvoir travailler dans de bonnes conditions.

Alors quelles sont les pistes pour préparer un retour au travail ?

Voici plusieurs suggestions, qui ne sont pas exhaustives, peut-être en auriez-vous d’autres à suggérer.

Prévoir une rencontre avec son supérieur , afin d’établir des objectifs réalistes. Cette rencontre préparatoire évite en plus un stress inutile lors du retour crée par des scénarios catastrophes. Dès le début, les cartes sont ainsi mises sur table, et l’entente est commune. Il est normal d’être fatigué à son retour. D’où l’avantage d’un retour progressif. Cependant, même un retour progressif peut être difficile. Certains contextes de travail sont plus ouverts que d’autres

«Prends ton temps, mais fais vite!». Dans ce contexte, le retour progressif peut être aussi stressant qu’un retour à temps plein, dans un environnement plus souple.

Qu’il s’agisse d’un retour progressif ou non, mieux vaut garder son temps libre (soirs et fins de semaine par exemple) pour du repos.

Sensibiliser le milieu de travail sur les risques psychosociaux est primordiale, un soutien dans le milieu de travail, tant pour l’employé que pour la direction (formation des manager), et de développer des interventions préventives.

Le travail peut être le tremplin pour terminer son rétablissement, d’autant plus si le retour est préparé, suivi, et que la personne ainsi que son milieu de travail sont soutenus.