Vivre son deuil

Deuil

Perdre quelqu’un que l’on aime est une épreuve qui peut parfois paraître insurmontable. Comment survivre au choc? Quelques conseils pour vivre un deuil le mieux possible.
Il est bien loin, le temps où l’on «portait le deuil», vivant notre chagrin au vu et au su de tous. En fait, beaucoup des rites liés à la mort ont disparu, mais le deuil reste, lui.

Comment peut-on le vivre aujourd’hui?

Notre société est mal à l’aise avec le deuil et avec tout ce qui prend du temps et qui implique de la souffrance. Aujourd’hui, trop souvent, c’est en silence que l’on préfère souffrir, par pudeur ou par peur de déranger. On exige des gens qu’ils tournent la page rapidement, mais un deuil, ça ne se fait pas en une ou deux semaines. Le travail du deuil est un processus qui demande du temps. Et ce temps là, qu’il faut se le donner.

La première chose que je dis aux gens endeuillés, c’est : soyez patients envers vous-mêmes, bienveillants. Vous passerez peut-être des journées entières en pyjama, à pleurer toutes les larmes de votre corps. Vous avez le droit! Et rassurez-vous, c’est normal d’avoir encore de la peine après plusieurs mois. Il ne faut surtout pas chercher à éviter la douleur.

Il faut traverser la douleur de la perte si on veut un jour l’apaiser; il n’y a pas d’autre issue, pas d’échappatoire possible. On aura beau fuir tête baissée dans le travail, les voyages, l’activité effrénée, c’est comme lancer un boomerang. Tôt ou tard, cette souffrance nous rattrapera, sous la forme d’une grave dépression, d’un burn-out ou d’une fatigue extrême.

Alors, comment faire ?

Je suis convaincue, qu’il est primordial d’accueillir toutes les émotions qui nous assaillent, sans se censurer : colère, soulagement, culpabilité, peuvent s’ajouter au chagrin. On peut à la fois se sentir soulagés de la mort d’une personne chère qui souffrait et avoir de la peine : ça ne fait pas de nous des monstres! Tout comme on peut en vouloir à une personne qui s’est suicidée, tout en l’aimant. L’ambivalence dans les émotions qui suivent un deuil est tout à fait normale.

Accueillir les émotions comme elles viennent, les identifier, les nommer, mais aussi les partager. Car l’isolement est l’un des dangers que courent les personnes qui vivent un deuil – surtout après quelques mois, quand le soutien des proches diminue. Or, pour se faire aider, il faut exprimer nos besoins clairement. Oser demander est déjà un grand pas. N’hésitez pas à dire que vous avez de la peine et que vous avez besoin d’aller prendre un café pour en parler. Souvent, notre entourage n’ose pas mentionner le nom de la personne décédée, parce qu’il croit que ça ravivera nos blessures; il tente alors par tous les moyens d’éviter le sujet. Il faut leur expliquer qu’au contraire, ça nous fait du bien d’en parler, d’échanger sur nos souvenirs communs.

Quand on n’a personne à qui parler, il ne faut pas hésiter à aller chercher de l’aide. 

Des rituels comme baume à l’âme
Allumer une bougie en pensant à notre personne disparue, aller déposer des fleurs sur la tombe  ou lui écrire des lettres que l’on brûlera ensuite, voilà autant de rituels qui peuvent aider à mieux vivre un deuil. Ce sont des gestes simples mais concrets, et c’est très apaisant. 

Ces gestes symboliques aident à apprivoiser la douleur.N’oublions pas que le terme « deuil » est issu du mot latin « dolus », qui signifie « douleur ». Vivre notre deuil, c’est donc vivre notre douleur. C’est difficile, ça demande beaucoup de courage, mais, paradoxalement, c’est quand on arrive à regarder en face notre douleur qu’on finit par s’apaiser et s’ouvrir à autre chose.